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Course à la Data : les entreprises sont-elles assises sur une mine d'or ?

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Le cabinet d'avocats d'affaires international Simmons & Simmons publie une étude intitulée *The Big Data Race, scrutant les stratégies de commercialisation des données collectées par les entreprises du secteur des Technologies, Médias et Télécommunications (TMT).

Alors que trois grandes zones géopolitiques (les Etats-Unis, l'Asie et l'Europe) s'affrontent pour le leadership sur les données personnelles à coup d'arsenaux législatifs et que l'importance de capitaliser sur la valeur des données n'a jamais été aussi forte, l'étude révèle que le secteur TMT ne tire pas encore pleinement profit des opportunités commerciales générées par la récolte de données et doit encore travailler sur des piliers clés tels que la gouvernance et la conformité de ce nouvel or noir.

Seules 20% des entreprises ont mis en place une stratégie globale

Selon les résultats de l'étude, une large proportion des entreprises du secteur TMT ne tire pas entièrement profit des données à leur disposition, soit parce qu'elles n'ont pas mis en place de stratégie, soit parce que leurs différents départements travaillent en silos. En effet, si la grande majorité (78%) des entreprises interrogées ont une stratégie de commercialisation des données, seules 20% d'entre elles ont développé une vision globale permettant de coordonner les initiatives individuelles. En outre, elles ne sont que 65% à avoir réalisé une étude complète des risques sur divers projets de commercialisation des données lors du développement de leur stratégie.

« Les données sont un atout précieux, qui, bien exploitées, ont un véritable impact dans une stratégie d'entreprise estime Sarah Bailey, Associée Simmons & Simmons spécialiste du droit de la donnée et du RGPD, Si les entreprises n'investissent pas le temps, la ressource et les moyens nécessaires, elles risquent de passer à côté d'immenses opportunités. »

La data gouvernance, une prise de conscience pour les comités exécutifs

En termes de gouvernance des données, le constat est plutôt inquiétant pour le secteur. Plus du tiers (35%) des entreprises interrogées considère que leur mode de gouvernance des données n'est pas adapté aux objectifs poursuivis. L'étude révèle également qu'elles sont 38% à estimer ne pas être équipées de procédures et standards clairs régissant les modalités selon lesquelles les collaborateurs peuvent utiliser les données. Néanmoins, 64% des entreprises interrogées ont un profil type « Chief Data Officer » qui siège au sein de leur comité exécutif, témoignant de leur prise de conscience des enjeux business liés à la commercialisation des données

« Une bonne gouvernance est un prérequis indispensable à une bonne utilisation des données, car elle permet de mettre en place des procédures nécessaires à la collecte, la commercialisation et la valorisation de ses données. Les comités exécutifs doivent pouvoir maitriser les opportunités, les risques et les enjeux afin de mettre en place une stratégie leur permettant de profiter de la valeur de leurs données », ajoute Sarah Bailey.

Une prise de conscience des utilisateurs

Entré en vigueur en mai 2018, le RGPD a soulevé une forte prise de conscience en France et en Europe des enjeux liés à la protection des données. Une minorité des entreprises du secteur TMT a déclaré avoir mis à jour les technologies gérant la confidentialité des données ainsi que leur conformité depuis 2 ans (31% en Europe et aux Etats-Unis). En outre, seul le quart des entreprises a mis à jour la manière de communiquer sur les bénéfices du partage des données personnelles avec leurs clients sur cette période. D'ailleurs, les entreprises doivent démontrer la valeur de ce qu'elles apportent à leurs clients lorsqu'ils acceptent de partager leurs données. A ce jour, l'étude révèle que 40% des entreprises ne proposent que des publicités plus ciblées (marketing programmatique) en échange du partage de données personnelles.

« Pour que les consommateurs acceptent plus facilement de partager leurs données, il est nécessaire que les entreprises mettent en place une politique de transparence auprès de ceux-ci sur l'utilisation qui sera faite de leurs données. Leur commercialisation devra alors être bénéfique aussi bien à l'entreprise, qu'à l'utilisateur », conclut Sarah Bailey.

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*Méthodologie : L'étude « The Big Data Race », menée pour Simmons & Simmons par le cabinet de recherche Longitude (une société du Financial Times), est basé sur les réponses de 358 cadres dirigeants d'entreprises du secteur des TMT entre mai et juin 2019. Ces entreprises, réparties au sein de 12 pays, ont un chiffre d'affaired annuel compris entre 100 millions et 1 milliards de dollars.